Les conséquences de la Constitution européenne
par : Terouga
Économie : la concurrence et le chômage
Souveraineté et indépendance politique : la fin
Société : le retour des religieux
Immigration : le fromage populiste.
Les euros-régions : le renouveau du féodalisme ? Économie : la concurrence et le chômage
Contrairement aux promesses faites par les promoteurs de l’euro, cette monnaie commune n’a pas créé d’emplois. Au contraire, comme personne ne contrôle la Banque Centrale Européenne, les bureaucrates peuvent laisser le chômage grimper dans toute la « zone euro ». Après des années de « franc fort », voilà des années « d’euro fort » qui font dépasser à l’Allemagne comme à la France le taux de chômage des autres pays d’Europe qui ont gardé leur monnaie (Royaume-Uni, Norvège…)
La Constitution entérine définitivement l’euro et empêche encore davantage toute action nationale pour contrôler démocratiquement la valeur de cette monnaie. Un pays qui a perdu sa monnaie nationale est-il encore un pays indépendant ?
De plus le volet économique de la Constitution impose un libéralisme qui touche tous les secteurs de l’économie sans exception : les grands services publics sont visés (Education, Santé, énergie, transport…). Sans retenir les leçons des scandales Enron et Vivendi, les libéraux rédacteurs de cette Constitution veulent rendre irréversible la politique libérale qui ravage les sociétés développées depuis 20 ans (baisse des salaires, délocalisations, suicides, divorces…).
Par ailleurs, le diktat des 3 % de déficit public qui empêche toute action de correction ou de régulation des États sera, lui aussi, renforcé par cette Constitution.
Pour résumer, le volet économique de cette Constitution va renforcer les politiques libérales qui vont poursuivre leur travail de sape des acquis sociaux et des sociétés elles-mêmes. En effet, toutes les « réformes » actuelles ont pour but la liquidation et la vente des grands organismes de sécurité sociale (politique suivie en Argentine). Souvenez-vous que la « réforme » des retraites avaient été impulsé par Chirac et Jospin au sommet européen de Barcelone qui avait ouvert la voie à la privatisation d’EDF-GDF… Autre richesse nationale livrée aux appétits des fonds de pension.
La Constitution européenne est la suite logique des traités de Maastricht et Amsterdam. Elle en renforce les tendances lourdes. Ayant déjà perdu sa monnaie et sa politique économique, la France s’apprête à perdre sa politique étrangère.
La Constitution généralise la prise de décisions à la majorité simple. Dans ce cas, si une majorité d’États européens décide de soutenir les guerres des États-Unis, la France ou l’Allemagne ne pourront plus du tout s’y opposer. Souvenez-vous qu’une majorité d’États de l’Union Européenne avait soutenu politiquement et militairement la guerre d’agression de G. Bush en Irak…
De façon générale la France ne peut plus avoir de politique de défense autonome, la Constitution européenne parle de défense commune, il faut comprendre que la France devra s’aligner de nouveau sur l’OTAN qui s’est élargi à l’est quelques mois avant l’Union…
Les rares marges de manœuvres utilisées contre les décisions américaines ne pourront plus être utilisées avec la Constitution.
Cette Constitution a donc pour but de limiter complètement la souveraineté des États membres. Fini l’indépendance de la France acquise après la seconde guerre mondiale
Inspirée par le droit anglo-saxon, la Constitution européenne fait référence explicitement à l’héritage religieux de l’Europe. En attendant une référence au christianisme demandé par une bonne partie des pays les plus proches des États-Unis ou du Vatican (Malte, la Pologne, etc.) on peut s’interroger sur cette référence. Il s’agit en effet de fait apparaître l’Europe comme un ensemble chrétien partenaire des USA dans leur croisade contre le reste du monde. De plus cette politique a l’avantage de noyer la France, seul pays ouvertement laïc du monde. Il s’agit aussi de remettre en scelle des réseaux (de type Opus Dei) qui fragmentent de l’intérieur les pays les plus unis et les plus solides. Là aussi la France est nettement visée par cette pression cléricale.
La Constitution européenne est donc en contradiction flagrante avec la tradition laïque française. Il est de notoriété publique que les activistes religieux de tous bords utilisent le Droit européen pour accuser la France d’intolérance religieuse. Comme de Département d’État américain qui critique ouvertement les États français et allemand dans leurs positions vis-à-vis de la Scientologie…
Le mandat d’arrêt européen imposé pour causes de « menaces terroristes » substitue le droit européen aux droits nationaux. Ainsi des ressortissants d’un pays à qui leur pays ne reproche rien peuvent être arrêtés et expédier dans un pays qui veut les interroger ou les condamner.
Le cas se pose actuellement pour des jeunes français militants de la « cause basque » en France qui ne sont pas inquiétés par la justice française… mais par la justice espagnole qui demande leur extradition ! Chose possible avec le mandat d’arrêt européen.
À quoi servent donc les élus français, les lois françaises et les cours de justice française puisque le droit français est susceptible d’être cassé par des décisions ou des procédures « européennes » ?
Avec la Constitution, plus question de justice rendue « au nom du peuple français ». Un acquis de la Révolution de 1789 qui s’envole.
La Constitution européenne démantèle encore plus les frontières nationales. Avant même l’adhésion des pays de l’est des réseaux mafieux s’étaient implantés à l’ouest, trafiquant des voitures, des femmes, des drogues, des armes…
Parlons clair : la Constitution ne va pas laisser le choix aux États. Il y aura des États qui joueront le pari de l’immigration (qui fait chuter les salaires en généralisant la concurrence entre salariés), c’est le cas de la Grande Bretagne. D’autres, au contraire, prisonniers de leur opinion publique travaillée par une certaine xénophobie rejetteront toute immigration, même la plus nécessaire au renouvellement des générations [1].
L’Europe voulue par la Constitution est une Europe sans frontières pour les capitaux et ouverte à la concurrence. Concurrence des travailleurs à l’intérieur de l’Union et à l’extérieur de l’Union (pays du Tiers-Monde frontalier ou pas). Une pression migratoire est à craindre, pas d’invasion massive, mais une pression dans certaines zones comme le sud des États-Unis concernée par la proximité avec le Mexique associé économiquement aux États-Unis.
Sans politique économique qui privilégie l’emploi toute immigration non contrôlée est problématique dans la mesure où elle nourrit un sentiment xénophobe, lui-même renforcé par les abandons de souveraineté exigés par l’Europe.
Un pays indépendant et souverain doit pouvoir contrôler ses frontières sans dépendre d’autre chose que de ses lois et ses besoins.
La Constitution dépouille donc les États de leurs prérogatives en matière d’immigration. Comme l’idéologie de l’Union est foncièrement libérale la mise en oeuvre de la Constitution va obligatoirement renforcer l’immigration illégale et mafieuse, les États ripostant en tarissant l’immigration légale et nécessaire.
Dans sa volonté d’affaiblir les États pour mieux imposer des normes venues d’en haut et les entreprises transnationales l’Europe fait la promotion des euro-régions, c’est à dire d’ensembles plus ou moins unifiés autour d’un passé totalement révolu. Certains États européens n’ont pas attendu les incitations des eurocrates pour décentraliser à l’extrême leur fonctionnement. Le cas de l’Espagne est très parlant : pour rompre avec le franquisme unificateur les démocrates des années 70 ont éclaté l’Espagne en « communautés autonomes » aux pouvoirs très élargies. Cet éclatement de l’Espagne s’est basé sur une division quasi ethnique des gens. Les régions ont encouragé les langues et les folklores locaux et ont négocié directement avec l’Europe. Quels résultats aujourd’hui ? Les régions les plus riches se sont enrichies davantage tandis que les espaces pauvres sont restés misérables. De plus le nationalisme violent de l’ETA ne s’est jamais assagi dans cette Europe des régions.
La Constitution généralise cette organisation « régionale » de l’Europe. Cela contredit l’égalité républicaine des citoyens français qui, quelque soit leur domicile paient les mêmes impôts sur le revenu, les mêmes amendes et ne sont pas gênés quand ils ne parlent pas une langue locale « régionale ». Ces régions autoproclamées sont des partenaires idéales pour les entreprises géantes. Ce n’est pas un hasard si TF1 a créé de toute pièce une télévision « bretonne », c’est à dire inaudible pour la majorité des Bretons, mais largement acquise au libéralisme et à la fin des règlements nationaux.
De plus ce régionalisme n’est pas sans arrière-pensées racistes. En effet il est facile de devenir français, mais est-il si simple de devenir « corse » ou « breton » ? [2]
Les régions, leurs prétendues langues, les euro-députés ne sont que des instruments destinés à diviser la France en districts où les grandes firmes multinationales ont des facilités évidentes pour s’implanter en obtenant des dérogations au droit du travail.
Il est donc très logique que les activistes corses soient de chauds partisans de cette Constitution, elle leur donne une autonomie vis-à-vis des lois françaises et des perspectives « économiques » insoupçonnées…
La promotion des euro-régions est une autre façon de démanteler l’héritage de 1789 quand les anciens sujets du roi, inégaux en droits, se déclarèrent citoyens et répandirent en Europe l’état moderne et les Lumières.
Aujourd’hui, sournoisement la construction européenne nie et rejette les acquis de la révolution de 1789 c’est-à-dire la Nation, l’indépendance nationale et la justice populaire. Régimes monarchiques, retour des religieux, négations des peuples et de leurs élus, la Constitution européenne traduit, à tout points de vue, un recul que même la Restauration de 1815 n’avait pas achevé.