AccueilNouveautésOrientationsV.A.R.Comité ValmyConstitutionLiens
PolitiqueSociétéÉconomieEuropeInternationalCultureEditoriaux

Mars 2006

Conseils à notre ami Dieudonné

par Terouga

Aucune ironie dans le titre !

Nous considérons que Dieudonné a fait preuve de courage politique en militant dans les années 90 contre le FN, et ses déboires avec les pseudo organisations antiracistes sont tout à son honneur. Même si nous ne reprendrions pas ses propos à la lettre, force est de constater qu’il a été relaxé bien plus souvent que condamné…

Néanmoins, une candidature sérieuse aux élections présidentielles vaut réflexion et cela explique pourquoi, modestement, nous nous proposons de « conseiller » l’un des candidats les plus novateur de 2007…

1. Tous les communautarismes se valent

Nous prenons acte des déclarations de Dieudonné qui dit vouloir se battre contre le communautarisme. En tant que républicains intransigeants nous sommes les premiers à déplorer les réflexes communautaires qui se dissimulent derrière un antiracisme de circonstance. Rappelons avec A. Soral que le communautarisme est avant tout un « truc de nazes ». Quand on est près à tout et bon à rien, c’est tentant de réclamer des postes au nom de ses origines… C’est typiquement anglo-saxon comme réflexe.

Les attaques violentes dont Dieudonné a été victime suite à sa parodie de sioniste intégriste ne sont pas à rappeler, et les dernières insultes de J. Dray sont à la hauteur de ce que le PS peut produire, néanmoins, il serait dans la suite de la campagne très déraisonnable de se focaliser sur cette question du « sionisme ». En effet, si Dieudonné en lui-même est au dessus de toute communauté, il semble évident que les communautarismes concurrents du communautarisme juif se plaisent à appuyer l’humoriste.

En effet, si les sionistes de toutes tendances pourrissent le débat politique en défendant Israël contre tout humanisme, les islamo-conservateurs, les négro-centristes ou bientôt les gitano-intégristes ne sont pas meilleurs que les autres, loin de là ! Tous veulent empêcher la liberté, l’égalité et la fraternité d’être l’idéal de la France. S’il est évident que les Français musulmans ou d’origine africaine vivent en moyenne plus mal que les autres citoyens, il demeure anti-républicain de créer une hiérarchie entre les dérives séparatistes.

Les sionistes et leurs réseaux politico-religieux ne sont pas les seuls à cracher sur la France et sur la République. N’oublions aucun régionalisme et aucun Tartuffe dans le catalogue des ennemis du bien commun.

Il serait très dangereux pour notre candidat de s’enfermer dans un face-à-face avec un seul des communautarisme anti-républicain. En répondant justement aux élucubrations qui le vise ne tombe-t-il pas dans une polémique (toujours la même) qui, à terme, enfermerait son message dans de nouveaux procès ?

Pour bien des gens, il est devenu évident que les banlieues posent un problème. Rappeler les conditions sociales de ces quartiers est une évidence, mais sortons, de la culture de l’excuse chère (jusqu’à il y a peu) à la gauche des beaux quartiers.

2. La « question européenne »

Deuxième conseil : parler de l’Europe ! Avez-vous remarqué que vos ennemis les plus acharnés sont tous des europhiles ?

En effet, le silence de Dieudonné sur l’Europe est assourdissant ! Comment se présenter comme un candidat anti-système si on reste muet sur les traités européens qui bloquent toute politique alternative en France ? Les traités de Maastricht (l’euro et la BCE) et d’Amsterdam (le pacte de stabilité) ont ruiné la France et décuplé les inégalités. Comment proposer un plan Marshall pour les banlieues sans poser la question des traités ?

De plus, les « réformes » ultra-libérales qui minent la société (retraites, sécu, CPE, etc.) viennent directement ou indirectement de la commission de Bruxelles, institution non élue qui est sous l’influence du capitalisme international.

S’opposer aux guerres américaines est éminemment louable, mais pourquoi oublier la majorité des 25 qui ont participé à la guerre de 2003 ?

Une opposition franche à l’euro, à la BCE et de manière générale à l’Europe oligarchique aurait un sens politique plus fécond que les basses polémiques avec les saltimbanques du système.

3. Avenir politique d’une candidature

Pour finir, il convient de poser la question de l’organisation du soutien à Dieudonné. Coalition de bonnes volontés ou création d’un vrai parti ?

En effet, il devient évident de poser la question : quels sont les objectifs de cette candidature ? Est-ce la candidature d’un individu faisant tout reposer sur ses épaules ou bien y a-t-il une volonté de créer une nouvelle organisation appelée à durer ?

Les précédentes candidatures de Dieudonné contre le Front National se soldèrent par un succès en terme de voix, mais ne débouchèrent sur aucune structure visible et durable. Et que dire du compagnonnage avec la liste euro-Palestine qui, derrière une évidente bonne cause, jetait le trouble dans un scrutin assez éloigné des enjeux moyen-orientaux.

Pour finir, avec qui Dieudonné veut-il travailler ? Avec des républicains de tous bords ou avec un quarteron de réseaux parfois peu recommandables ?

Le vrai enjeu est ici : avec ou sans les 500 signatures de maires la question de l’avenir se pose : quelle organisation ? Quel programme et quelles perspectives ?

Nous nous refusons de voir en Dieudonné un nouveau Coluche apparemment contestataire et réellement médiatique, mais pour élargir une base de toute façon bien maigre (les jeunes des banlieues, les antisionistes…) il faut franchir le Rubicon des questions qui fâchent, et celles-là, ne sont peut-être pas là où on croit.

 

Dieudonné, laissez tomber les stériles polémiques avec les oligarques de l’UMP et les voyoucrates du PS ! L’extrême-droite et l’extrême-gauche qui vous détestent sont aux antipodes des aspirations populaires !

Parlez de l’euro ! Parler du quotidien d’un libéralisme putride ! Parlez de la tyrannie patronale ! Nous savons par les thèmes de vos sketchs que vous savez comprendre la réalité des vrais gens.

En restant, non sans raisons, sur le terrain choisi par les ultras d’Israël ou les agités de banlieues, vous risquez de rater votre seule cible : le peuple.